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  • Marie

Comment se réconcilier avec la nature ?

« Nous faisons périr le corps de la nature en oubliant que c’est le notre » Ibrahim Al Koni.


Crédit photo Wix


Vous avez-dit se réconcilier? Parce qu’on est fâchés ? Mais qui est fâché, nous contre la nature ou la nature contre nous?


Je crois que j’ai eu ce que l’on appelle une enfance dorée. Et voyez plutôt par ici le doré des ailes d’un scarabée que celle d’un lingot d’or... Je me souviens de ce petit jardin fou, dans lequel mes parents me laissaient crapahuter sans jamais me rouster si je rentrais les vêtements couverts de boue. On m’a toujours laissé expérimenter à peu près tout dans ce bout de terre, tolérant mon rapport frôlant parfois le morbide à la nature, la mort me secouant et me poussant à me questionner. Pourquoi l’oiseau est-il mort ? Comment ça marche à l’intérieur ? Si je l’enterre il va rester quoi après ? Parce qu’on m’offrait des microscopes et des pinceaux plutôt que des jolies poupées, et que chaque outil m’aidant à mieux comprendre ces mécanismes était le meilleur des jouets. La mort, la décomposition, ce qu’on appelle en fait « saleté » qui regroupe une association de sensations dérangeantes pour nos sens, sont autant d’éléments indispensables à la compréhension de la vie et de la nature. C’est en laissant cette liberté d’expérimentations diverses à l’enfant que celui ci sera indépendant et aura envie de collaborer avec cette nature auprès de laquelle il a affûté son intelligence émotionnelle. On m’a laissé chercher, m’interroger, tout en me cadrant avec amour.

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La nature nous a créé, nous a offert la « chance » (ou dois je dire le hasard, je ne sais pas) d’être intelligents, rendons lui au moins cela et montrons lui que cette qualité n’a pas été vaine. « Je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien » disait Socrate. Alors instruisons nous et émerveillons nous de cette nature environnante, dans son intégrité. Arrêtons deux secondes de nous émerveiller devant une affiche de voyage de safari ou de club all inclusive en Grèce, vous n’y trouverez pas la nature par ici. Par "intégrité", comme je le disais précédemment, je parle aussi de ses côtés parfois dérangeants. Car oui, la nature fait peur, car on ne la maitrise finalement pas tant que ça. L’Homme aime dominer la nature. Car plus il la domine, plus il s’élève, plus il se détache d’elle, et se prouve qu’il « vaut mieux que ça ».


Three studies of crucifixion, Francis Bacon


Un insecte ce n’est pas degueulasse, la vase ca ne pue pas, la mauvaise herbe ne doit pas être arrachée a tour de bras et l’araignée éclatée sans réflexion contre le plafond du salon. Oui, la beauté réside en chaque chose, et en chacun de nous. À nous de décider si on a envie de "voir", ou pas. Cette société qui cache le corps, qui incite à être beau pour partir à la conquête de l’idéal esthétique des affiches de mode pour mieux consommer, qui cache la mort et l’organique, les odeurs, nous efforçant à considérer chaque chose comme du matériel, à nous en faire oublier que la Lune n’est pas une simple ampoule dans le ciel, et que le steak que l’on a dans l’assiette n’est pas juste une simple matière première arrivée par ici comme cueillie dans un bel arbre à steaks hachés.


Le béton de la ville me coupe de la terre. Je n’ai presque plus d’expérience sensitive du dehors. Je respire encore de l’air, heureusement. Parfois j’oublie que j’ai des organes, qu’à l’intérieur il y a une structure. Parfois je me vois comme un android, et je suis même étonnée de voir du sang couler d’une plaie quand je me coupe. Je suis vivante.

La nature n’est ni bonne ni mauvaise, et nous offre autant de douceur que de choses qui grattent. Et c’est pareil pour l’Homme, il est aussi lisse, beau et intelligent qu’il n’est finalement qu’animal et organique. Nous sommes eau, sang, entrailles, microbes, cellules. Nous sommes vivants et périssables.


Avec nos outils technologiques de plus en plus présents dans nos vies, des réseaux sociaux cœur de nos relations sociales, la situation est plus qu’étrange. Nos vêtements nous coupent de tout contact avec l’air, la lumière, nos chaussures du sol, nos intérieurs de dehors. Quel est mon rapport à la nature aujourd’hui? Quelle expérimentation en ai-je fait aujourd’hui? Nous entrons dans une phase d’hibernation mentale et du corps aussi, qui espérons sera suivie d’un éveil vif et d’une envie boulimique de nourriture intellectuelle et corporelle donc, tel l’ours des montagnes qui se jette sur le miel au début du printemps.


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Nous nous enfermons dans une bulle, formons nos propres remparts au monde et nous en délectons. Dans une société où les esprits semblent gelés, comment la nature aujourd’hui est un moyen puissant pour nous retrouver, et retrouver cette animalité qui est notre joyaux le plus précieux, le joyau rayonnant en chacun de nous qui nous permettra de reconquérir cette nature artificielle et mourante. L’homme moderne oublie ce tendre primate qu’il est. Charles Darwin s’est battu pour nous montrer nos origines, nous avons fait semblant de l’accepter, puisqu’aujourd’hui nous faisons tout pour nous éloigner de ce primate, coute que coute. Et c’est par ailleurs ce primate là qui adore s’enfermer dans des zoos qu’il appellera « open spaces ».


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« Quelle chimère est donc l’Homme,...Quel sujet de contradiction. Quel prodige ! Juge de toute choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers. » Perdu dans « le silence éternel des espaces infinis » qui « l’effraie » « il ne peut arriver à se comprendre » Blaise Pascal.


Mosaïque, église de San Gregorio al celio, Italie.


« Gnothi Seauton » , pouvait on lire a l’entrée du temple d’Apollon à Delphes. Connais toi toi même. Avant toute chose la tache de chacun est de prendre conscience de son moi intérieur, Car c’est par une profonde introspection que l’homme pourra enfin prendre le recul dont il a besoin pour comprendre sa moderne condition humaine, et l’impact qu’il a sur sa planète. La nature est désacralisée, et non estimée. Beaucoup de civilisations l’ont pourtant élevée au rang de divin, permettant de conserver ce lien magique de respect avec elle. Contes et légendes nous ont fait rêver de cette nature aussi puissante que féerique. Notre monde manquerait il de magie ? Dans une société où sortent des papiers scientifiques brillants, quels sont nos outils et qui sont les intermédiaires et interprètes de ces données non accessibles à tous ? Comment rendre cette vie, cette science remplie de merveilles facile à comprendre et entrainante pour chacun ? Comment faire renaître cette fameuse magie dans le cœur de tous ? Qui sont les magiciens ? Comment rendre tout cela tout public ? Car la science semble être un clé à l'amour que chacun porte pour la nature. Comment ne pas s'émerveiller devant ses mécanismes?


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L’art est l’expression de l’homme face à cette sensibilité et ces émotions naturelles. Et l’art devrait être accessible à tous car c’est aujourd’hui un puissant médium éducationnel, et un moyen de sensibiliser chacun sur la condition humaine, et celle de la nature. Les artistes font partis de ces magiciens qui pourraient saupoudrer l’humanité de sensibilisation de la nature, par la couleur, l’encre, la musique, la poésie. Ou par la vidéo. Nous avons aujourd’hui atteint une ère qui nous donne accès à de merveilleux outils pour s’exprimer. Car Aristote défendais déjà que « l’homme est le seul animal qui ait la faculté de rire », je souhaite aujourd’hui vous guider dans une aventure ludique et poétique. Alors oui, moi aussi parfois j’ai peur, face aux messages écologiques ou défenseurs des animaux qui véhiculent des images sanguinolentes au caractère plus que violent. Oui j’ai regardé la vidéo du koala entrain de brûler vif durant les incendies en Australie et se faire sauver des flammes, oui j’étais émue à l’annonce de sa mort. Oui les images d’abattoirs, oui les canards gavés pour le foie gras, oui. Merci à ceux qui prennent le temps de s’y intéresser et qui oeuvrent pour ces causes, encore heureux que des personnes se battent. Oui ici il est question de se battre. Du latin battuĕre (« battre, frapper, rosser »), du breton bat (« épidémie, frayeur, égarement »), et de l’irlandais bath (« douleur atroce »), il est question ici de rudesse, d’adversité, c’est dans l’âme du verbe. Quand on se bat on sait que ça ne sera pas facile et rose bonbon.


Mais... Je suis plus partisane de la sensibilisation par le ludique et l’amour. Je pense que ça peut marcher. Ouvrir les yeux sur les choses dérangeantes est nécessaires, mais la limite à faire révulser l'oeil n'est peut-être pas à franchir systématiquement. Faire de sujets graves des choses dans l’amour, les rires et les émotions, sans en oublier pour autant le sens primordial d’une chose, aussi lourde soit-elle, c'est la mission d'une vie. Au Mexique, on fête les morts par des couleurs, des repas, des tenues farfelues, de la musique, de l’art. Pourtant le fond reste le même : la mort.


Dia de los muertos, Mexique


C’est grâce à ces émotions que nous re-tisseront ce lien si précieux que nous avons avec cette mère nature qui nous est pourtant bien propre. Prenons un instant pour regarder ce matricide, et plongeons nous dans cette intelligence dont nous avons été tous dotés pour faire valoir notre statut d’humain, qui ne doit pas se définir par un rapport de force avec la nature. Arrêtons Le Bras de fer et collaborons.


Aujourd’hui il faut trouver un équilibre dans ces rapports avec nous mêmes pour retrouver ceux que nous devons avoir avec la nature.. Alors oui, c’est presque foutu, mais les mentalités peuvent encore évoluer. Car si on ne pourra matériellement pas ou peu faire marche arrière il est de notre responsabilité d’éduquer les générations futures. Sensibilisons nos enfants, changeons nos habitudes, montrons leur cette nature extraordinaire, faisons les rêver, faisons les aimer cette planète pour qu’il ai envie d’oeuvrer en son sens. Et pas dans le sens de l’individu tout puissant ou de l’objet tout puissant. Pour collaborer davantage avec la planète, et en faire NOTRE planète, à tous, humain, animaux, végétaux et autres.


Je t’aime ma petite planète tu sais. J'vais aller faire un calin à un arbre tiens moi.


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J'espère que ce petit article rempli de pensées sincères vous aura plu ! A très vite pour de nouveaux articles ! Marie



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