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  • Marie

La vie secrète (et coquine) des Tardigrades

Pour fêter la sortie de la troisième et nouvelle vidéo de « Elle est pas belle la nature ? » sur la chaîne Youtube, je vous propose un voyage au coeur du tout petit. Alors enfilez vos micro-scaphandres, on part à la rencontre du plus mignon de tous les animaux minuscules : le Tardigrade !



Ah ! Le tardigrade... Entre ses super-pouvoirs et sa bouille ultra mignonne, il a de quoi nous épater ! Vous saviez que Tardigrade ça vient du latin tardus gradus, qui signifie littéralement « marcheur lent » ? Car oui, on aime le tardigrade pour sa ressemblance avec une grosse peluche dodue et mignonne, et ses mouvements patauds et lents du haut de ses huit pattounes ! On le surnomme d’ailleurs « ourson d’eau ». Et on en compte plus de 1200 espèces, de quoi se délecter de tous plein de petits physiques adorables... Et d'une anatomie surprenante !






Bon c’est pas tout, mais comment on fait pour voir un Tardigrade? Et bien, les Tardigrades se trouvent vraiment un peu partout, et dans plein de milieux variés, ce qui est assez surprenant. On peut en trouver aussi bien en haut de l’Himalaya, comme au plus profond des abysses … Ses capacités d’adaptation sont incroyables. Sable, sols, eau... Mais ils raffolent tout de même plutôt de la mousse humide comme celle qu’on trouve en forêt, car elle constitue, avec le lichen, leur aliment préféré ! Il y en a peut-être même sous tes fesses actuellement qui sait? Mais attention, à l’oeil nu ça risque d’être un peu chaud à regarder (déjà faut être souple et puis oublie, ils sont vraiment très petits).

Allez, on zoome un peu ! Car le Tardigrade est quand même ultra petit : il mesure au maximum 1,5 mm, et sa trompe stylet au milieu de sa face n’est pas sans rappeler des allures de sac d’aspirateur. Elle lui sert par ailleurs à se nourrir (notamment en perforant), de lichen, de petits nématodes (un genre de petit vers) ou encore de… tardigrades. Cannibales parfois donc, mais mignons quand même ! Ils sont aussi dotés de 8 petites pattes griffues, qui leur permettent de se déplacer et s’accrocher aisément à leur environnement. Sa durée de vie est variable selon les espèces, mais on compte généralement 12 et 30 mois d’activité (espèces terrestres et aquatiques confondues). Mais ça, c’est sans compter la cryptobiose …

La cryptoquoi? Keskidi ? Alors la cryptobiose, pour faire très simple, c’est une forme d’hibernation totalement hors du commun, qui va permettre au tardigrade de résister à des conditions de vie extrêmes. C’est comme un état de vie très ralentie, par ce qu’on appelle la dissecation, ou le fait de se déssecher presque totalement. Et les petits chanceux d’êtres vivants capables de se mettre dans cet état peuvent alors résister à des conditions auxquelles ils ne résisteraient pas en l’état de vie active ! Ça ressemble à ça :

Le Tardigrade ne va enclencher ce processus que lorsque les conditions de vie deviennent défavorable à son égard, ou en cas de stress hydrique (manque d’eau dans son environnement). C’est un processus lent et complexe, qui va consister à perdre un maximum d’eau dans son organisme, pour ne ressembler plus qu’à une petite boulette toute sèche. Cela va le protéger d’un certain nombre d’agressions extérieures comme le très chaud, le très froid, le vide, la pression, les radiations… Tout de suite, de petit ourson mignon il passe à ours mega badass. En cryptobiose, il devient capable de rester des années sans boire, à résister à des températures proches du zéro absolu (- 273,15 °C) ou encore à des pressions équivalentes à 6 000 fois celle de l'atmosphère terrestre, tout en sortant aussi quasi indemne d'une irradiation aux rayons X… Badass je vous dit ! Et comme si ce n’était pas assez, ce petit animal peut rester dans cet état de nombreuses années: en labo on a constaté 30 ans de cryptobiose avec un réveil avec succès, et Alain Couté du Muséum évoqu