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  • Marie

Se faire piquer par les pires insectes au nom de la science (et de la curiosité)

Salut mes petits curieux ! Pour fêter la sortie du nouveau format « Shot de curiosité » sur la chaîne Youtube, je vous propose un article par ici pour découvrir comment j'ai eu ce sujet en tête, et l'approfondir ensemble. Vous pouvez, avant de le lire, découvrir ma vidéo par ici :

Tout a commencé il y a quelques années, en découvrant la chaine Brave Wilderness de Coyote Peterson. Le concept ? Dans un de ses formats il expérimente les piqures d’insectes les plus atroces aux monde et se fait filmer tout le long de sa descente aux enfers physique à chaque dose de venin reçue. Sa chaîne cumule aujourd’hui 17,4 Millions d’abonnés, et ses vidéos ont largement explosé les compteurs. Le concept ne laisse pas sans réaction. Sur le coup c’est presque assez choquant à regarder : un mec s’inflige des piqures infâmes pour faire des vues, la démarche parait de prime abord complètement inconsciente et débile. Et pourtant, une certaine curiosité nous absorbe et nous pousse à regarder les images jusqu'au bout, le décalage - entre ce grand bonhomme et les petites bêtes d’à peine quelques centimètres le couchant à terre aisément - étant fascinant… Je vous laisse vous faire une idée de la chose par ici (vous pouvez avancer à 13 minutes piles pour voir la piqure) :



Sous les vidéos de notre cher Coyote Peterson on lit parfois dans les descriptions des phrases du genre « oasting the world’s 2nd most painful sting » comprendre « j’experimente la 2ème piqure la plus douloureuse au monde ». On a envie de lui dire : mais qu’est ce que tu en sais MEC en fait, qui t’a dit que c’était la deuxième piqure la plus douloureuse au monde, c’est quoi cette info ? BOUUUH MENSONGE ! On veut des noms !



crédits : Steve Craft / The Guardian

Et c’est là qu’intervient Justin O.Schmidt. Justin est un entomologiste américain qui a su faire bouger la science en donnant de sa personne, croyez moi. Il est spécialisé dans les piqures d’insectes - uniquement les hyménoptères - et est célèbre pour avoir donc créé la Schmidt pain index recensant les pires piqures au monde. Alors comment on fait pour créer une échelle de la douleur ? Tu la sens arriver la réponse ? Et bien oui Jamy, en se faisant piquer, tout simplement. Justin a donc expérimenté les piqures de plus de 80 espèces différentes, soit au total plus d’un millier, sur sa propre personne.



Et dans son livre « The Sting of the wild », Justin nous explique avec tendresse et amour, à défaut de passer pour un fou, son étrange passion. Car si la démarche de Justin O. Schmidt surprend, elle a réellement permis une sacrée avancée sur la compréhension des toxines venimeuses dans le corps humain. Car ce qui sidère réellement cet entomologiste un peu fou, c’est comment une si petite dose de venin peut provoquer d’aussi vives réactions, et une panoplie de ressentis aussi extraordinaires et différents. A ses yeux, le venin est un tendre mensonge, il trompe vos nerfs si malicieusement qu’il est capable de vous faire ressentir les pires sensations que vous pourrez expérimenter de votre vie. On décrit souvent ces douleurs comme « des aiguilles dans le bras » « des coups de couteaux dans le corps », on trouve toujours des mots d’une violence infinie pour illustrer finalement une si petite goutte et un si petit dard.


crédits Marie / la boite à curiosités

Justin travaille sur les Hymenoptères qui constituent un ordre d’insectes dont les représentants communs sont les abeilles, les guêpes, les fourmis et les frelons. Les venins d'Hyménoptères sont des mélanges complexes d'amines biogènes, d'enzymes et de protéines. Ces composés, injectés dans le corps, exercent des actions conjuguées, complémentaires et synergiques, provoquant la douleur et l’irritation. Pour piquer, se sont les femelles qui s’en chargent, on pense d’ailleurs qu’avant d’avoir un dard, les femelles étaient dotées d’un ovopositeur leur permettant de pondre, et qu’avec le temps celui-ci s’est transformé en aiguillon. Elles disposent d’une glande à venin, et d’un dard qui est rétracté quand il est au repos. Au moment de l'agression, l'aiguillon sort de la chambre et pénètre dans la peau : le venin sécrété par la glande peut alors être injecté dans la victime.